Moana 2 on Disney+, Frozen 3: Interview with Nölwenn Roberts, a Frenchwoman at Disney

Moana 2 on Disney+, Frozen 3: Interview with Nölwenn Roberts, a Frenchwoman at Disney

En quelques années seulement, Nölwenn Roberts s’est fait une place notable dans le monde de l’animation. Formée en France, elle a débuté chez Illumination où elle a participé à des productions comme Moi, moche et méchant 3 et Tous en scène 2, tout en développant ses propres courts-métrages. Son film Le Rêve de Sam (2018) a attiré l’attention de Disney, qui lui a proposé un poste de storyboardeuse en 2019. Installée à Los Angeles depuis fin août 2021, elle a contribué à plusieurs séquences de Vaiana 2 et travaille désormais sur le développement du prochain Frozen 3, attendu pour 2027. Dans cet entretien réalisé à l’occasion de la sortie du film sur Disney+, Nölwenn revient sur son parcours, son approche du storyboard et la nature profondément collaborative de son métier.

Portrait - Cinéma et Jeux Vidéo

Maxime Chao : Bonjour Nölwenn. Tu vis toujours à Los Angeles ?

Nölwenn : Bonjour, oui — je suis installée ici depuis presque quatre ans. J’ai quitté la France fin août 2021, en pleine période post-Covid, et depuis je travaille exclusivement pour Disney.

Maxime Chao : Avant Disney, tu as travaillé pour Illumination. Peux-tu revenir sur cette première étape et sur ton parcours jusqu’à aujourd’hui ?

Nölwenn : J’ai fait des études d’animation à Paris, en visant d’abord le métier d’animatrice. Le storyboard ne faisait pas partie de mon plan initial, mais en 2012 j’ai eu une opportunité chez Illumination comme storyboardeuse — un peu par hasard. J’y ai appris sur le tas, participant à des projets comme Les Minions, puis Moi, moche et méchant 3 et Tous en scène 2. En parallèle, je réalisais mes propres courts : Le Rêve de Sam (2018) a été déterminant. Ce court m’a aidée à obtenir un visa pour les États-Unis et a attiré l’attention d’un réalisateur chez Disney, qui m’a contactée en 2019.

Maxime Chao : Donc ton court a été un véritable tremplin ?

Nölwenn : Exactement. Dans notre milieu, les courts-métrages sont à la fois des cartes de visite et des laboratoires d’expérimentation. Ils montrent une sensibilité personnelle et permettent de se démarquer — c’est ce qui a fonctionné pour moi avec Disney.

Maxime Chao : Travaillez-vous souvent sur des scènes qui évoluent beaucoup ?

Nölwenn : Oui. Le storyboard est un outil vivant. On part parfois d’un script, parfois d’un simple paragraphe. Le chef d’histoire ou les réalisateurs confient une séquence, on la lit, on en discute, puis chacun propose des croquis. Après des allers-retours en réunion, les plans se précisent. Mais rien n’est jamais gravé dans le marbre : certaines scènes peuvent être refaites ou coupées tard dans la production — c’est frustrant mais naturel, l’histoire bouge jusqu’au bout.

Atelier de travail

Maxime Chao : Parle-nous de ton travail sur Vaiana 2. Quel type de séquences t’a été confié ?

Nölwenn : J’ai travaillé sur plusieurs passages, dont une scène qui m’a particulièrement marquée : un moment de doute pour Vaiana, suivi d’une révélation de solidarité quand son équipage répare son bateau en cachette. C’est une séquence toute en émotion et en nuances, et elle reflète bien notre façon de travailler : tout dépend de la collaboration entre storyboard, animation, lighting et effets pour que ça fonctionne.

Maxime Chao : Concrètement, comment se déroule une journée type pour toi en studio ?

Nölwenn : Ça varie selon la phase de production. Au départ, beaucoup d’exploration et de recherches visuelles — parfois sur papier, parfois sur tablette. En production, j’utilise principalement la Cintiq pour dessiner mes planches et animer les passages nécessaires. Les journées commencent souvent par un point d’équipe : chaque storyboardeur montre ses avancées, on reçoit des retours, puis on passe la majeure partie du temps à dessiner et à itérer, avec des rendez‑vous réguliers avec le réalisateur.

Maxime Chao : Quels outils utilises-tu ?

Nölwenn : La Wacom Cintiq est mon outil principal. J’utilise aussi l’iPad pour les premières idées et recherches, et je garde toujours un carnet de croquis à portée de main — le papier reste irremplaçable pour la spontanéité. Disney fournit par ailleurs des logiciels internes qui facilitent la production et la collaboration.

Travail en équipe

Maxime Chao : Dans une équipe de plusieurs storyboardeurs, faut-il adopter un style commun ?

Nölwenn : Non, chacun conserve son trait. Ce qui importe, ce n’est pas la beauté du dessin mais la clarté narrative : lisibilité, expression des émotions et reconnaissance des personnages via des éléments clés de leur design. En 3D, tout est ensuite repris sur les modèles numériques — le storyboard sert de guide pour la mise en scène et le rythme.

Maxime Chao : Quel a été le principal challenge sur Vaiana 2 ?

Nölwenn : L’espace. Beaucoup d’action se déroule sur un canot, un décor très contraint, ce qui demande d’inventer sans cesse des cadrages et des variations de plans pour maintenir l’attention. L’autre contrainte majeure est le temps : malgré des années de production, certaines séquences ont des délais serrés et il faut accepter de beaucoup proposer, de jeter et refaire.

Storyboard en cours

Maxime Chao : Tu continues à produire des courts en parallèle ?

Nölwenn : Oui, c’est essentiel pour moi. Les courts permettent d’explorer des thèmes personnels et des formes qu’un long ne permetrait pas toujours. Disney soutient encore ce format, notamment via la collection Short Circuit sur Disney+, ce qui est très motivant. Pour ma part, je continue à développer des projets courts lorsqu’un créneau le permet.

Maxime Chao : Sur quoi travailles-tu aujourd’hui ?

Nölwenn : Je suis engagée sur le développement du prochain Frozen 3, actuellement en phase de préparation et attendu pour 2027. Le projet est encore discret, donc je ne peux pas en dire beaucoup, mais c’est un défi enthousiasmant.

Maxime Chao : Merci Nölwenn pour cet échange.

Nölwenn : Merci à vous.

Propos recueillis par Maxime Chao le 26 août 2025

Séquence d'interview
 

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