Pragmata: We Played It Again, and It’s a Game Not to Be Underestimated (Preview)

2026 s’annonce comme une année déterminante pour Capcom. Entre Resident Evil 9 Requiem, Onimusha: Way of the Sword et Pragmata, l’éditeur japonais devrait imposer son RE Engine et ses choix créatifs. Depuis quelques années, Capcom enchaîne les réussites : remakes soignés qui dépassent souvent les originaux et projets audacieux comme Kunitsu‑Gami qui, malgré leur prise de risque, restent maîtrisés. Pragmata s’inscrit dans cette dynamique : il suscite peu de battage médiatique aujourd’hui, mais il serait prématuré de le négliger. J’ai pu y retourner pour une session plus approfondie, cette fois dans les locaux récents de Capcom.
Après des années de développement chaotiques, Pragmata semble enfin sur de bons rails. Sa sortie est annoncée pour 2026 — plusieurs années après la première présentation publique en 2022 — mais Capcom a pris le temps d’affiner l’équilibre entre innovation et plaisir immédiat de jeu. Contrairement à la démo chronométrée que j’avais pu tester lors du Summer Game Fest de Los Angeles, cette nouvelle session m’a permis d’explorer librement, d’essayer des approches différentes et de m’attarder sur les mécaniques de gameplay.
Univers et prémisse
Pour replacer Pragmata : l’histoire se déroule dans un futur proche où l’humanité exploite un minerai lunaire nommé Lunam Ore. Transformé en Lunafilament, ce matériau fonctionne comme une technologie d’impression quasi omnipotente, promettant de bouleverser production et industrie. Une base de recherche lunaire étudiant ce minerai disparaît subitement du réseau terrestre. Hugh Williams, astronaute ordinaire, est envoyé pour enquêter. Un séisme lunaire le sépare de son équipe ; il se retrouve isolé et en danger. C’est alors qu’il croise Diana, une androïde à l’apparence enfantine qui le sauve. La démo s’ouvre sur cette rencontre, posant rapidement l’ambiance et introduisant le duo central ainsi que les mécaniques qui composent l’expérience.
Hugh & Diana : deux rôles complémentaires
Les premières minutes imposent de se familiariser avec le tutoriel : le gameplay demande un léger temps d’adaptation, mais devient très vite fluide. Pragmata repose sur une dualité intéressante : Hugh incarne l’action physique — armes, mobilité, esquives — tandis que Diana apporte une dimension stratégique par le piratage en temps réel. Hugh bénéficie d’un panel d’armes et de propulseurs qui offrent des déplacements aériens et des dashs, rendant le combat dynamique. Diana, bien que secondaire à l’écran, est au cœur de la singularité du jeu : elle déclenche des séquences de hacking interactives pendant les affrontements, forçant à mêler réflexes et réflexion.
Hacking en temps réel
Le système de piratage est simple à comprendre mais redoutablement efficace. Quand Hugh verrouille une cible, Diana projette une grille holographique : le joueur déplace un curseur via les touches de façade pour atteindre le nœud central et valider le hack. La grille contient des nœuds secondaires qui améliorent l’efficacité ou octroient des bonus, ainsi que des zones bloquées à contourner. Tout se déroule en temps réel — les ennemis ne s’arrêtent pas — ce qui crée une tension constante et oblige à jongler entre action et mini‑puzzles de hacking. L’intégration des touches de la manette au hacking, tout en conservant la cadence du combat, est un choix de design pertinent : on peut continuer à bouger et esquiver pendant le hack, ce qui demande une coordination soutenue mais très gratifiante.
À noter : le hacking n’est pas strictement obligatoire. On peut se concentrer uniquement sur l’arsenal de Hugh, mais cette méthode est souvent moins efficiente et plus gourmande en munitions. Le jeu encourage clairement l’exploitation du piratage sans pour autant l’imposer, préservant la liberté de style de chaque joueur.
Arsenal et approche tactique
Hugh dispose d’un arsenal varié et temporaire — chaque arme se montre puissante mais limitée en munitions et disparaît après usage, ce qui incite à tester différentes combinaisons. Parmi celles visibles dans la démo : le Grip Gun, le Shockwave Gun (type fusil à pompe pour les dégâts rapprochés) et le Stasis Net qui immobilise brièvement les ennemis pour faciliter le piratage. La synergie entre tir et hacking est au cœur de l’expérience : plutôt que de miser uniquement sur l’esquive, Pragmata récompense la précision et la mise en œuvre rapide du hacking. Les niveaux mêlent combats intenses, exploration et énigmes légères — pirater des terminaux ou déverrouiller des systèmes sert de respiration entre les rencontres, tout en ajoutant de la variété au rythme.
Un combat de boss marquant et une relation complexe
La démo propose un affrontement de boss spectaculaire face à un colossal mecha : malgré sa taille, la machine est étonnamment agile, combinant missiles, lasers et mouvements rapides. Vaincre cet adversaire exige mobilité, précision et hacks ciblés sur des points faibles. Au‑delà du gameplay, la relation entre Hugh et Diana apporte une profondeur émotionnelle inattendue. Leur duo oppose l’humanité vulnérable de Hugh à la neutralité mécanique de Diana, travestie par l’apparence enfantine de l’androïde — un contraste qui crée une dynamique presque parentale, mêlant protection, empathie et dilemmes moraux.
En synthèse, Pragmata propose une hybridation convaincante entre shooter nerveux et micro‑énigmes de hacking. Son originalité tient autant à la complémentarité des deux personnages qu’à l’intégration fluide du hacking en plein combat. Peu de titres récents essaient ce mélange avec autant d’assurance ; il faudra toutefois attendre la version finale pour mesurer l’ambition complète du projet, mais la direction prise est prometteuse.





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